Meilleurs ouvriers de France : la crème de l’artisanat français réunie à Bordeaux

Les Meilleurs ouvriers de France tiennent leur congrès national cette semaine à Bordeaux. Popularisé par des chefs cuisiniers médiatiques, le titre valorise le savoir faire d’artisans français dans 200 disciplines différentes. Avec un impact non négligeable sur les carnets de commandes.

 

« Un titre de Meilleur ouvrier de France dans les métiers de bouche, c’est 30 à 40% d’augmentation de son chiffre d’affaires. Dans l’industrie, les entreprises encouragent leurs salariés à se présenter au concours et défendent ainsi l’excellence de leur production. Il y a une dizaine de MOF chez le verrier Baccarat, par exemple, et d’autres encore chez Eurocopter ». Gérard Rapp, président de la Société nationale des Meilleurs ouvriers de France, vante fort les bénéfices de ce titre créé en France en 1929.

MOF presidents
Au-delà des valeurs qu’il véhicule (savoir faire « à la française », transmission, solidarité et entraide), le titre revêt un caractère de label auprès de la clientèle : « Une garantie de qualité à des tarifs pas forcément plus élevés. C’est le haut du pavé du monde ouvrier », poursuit Gérard Rapp, titré en 1976 dans la catégorie « imprimerie ». Délivrée tous les trois ans (8800 lauréats depuis la création), la médaille caractérisée par son cordon bleu-blanc-rouge exige des candidats des milliers d’heures de travail pour réaliser un ouvrage d’exception.

La Société nationale des Meilleurs ouvriers de France représente 1500 médaillés dans 200 disciplines de l’artisanat, de l’industrie et des services. Cette « amicale » a pour mission de les fédérer, de valoriser l’apprentissage et l’accompagnement des pairs dans le cadre des épreuves réservées aux apprentis. « L’employabilité des jeunes qui se présentent à notre concours est très forte », confirme Gérard Rapp.

La Gironde compte quelques 200 Meilleurs ouvriers de France parmi lesquels : le chef cuisiner François Adamski (Le Gabriel, place de la Bourse), le menuisier Mathieu Sarraud à Bordeaux-Bacalan (lire ci-dessous), la prothésiste-dentaire et formatrice Isabelle Dutel, le luthier Patrice Taconne (Grands-Hommes).

 

Témoignage d’un médaillé bordelais « Grâce au titre, mon carnet de commande est plein »

MOF Matthieu Sarraud

Le regard de Matthieu Sarraud s’illumine lorsqu’il évoque son titre de Meilleur ouvrier de France. Et sa passion d’exprime. Menuisier dans le quartier Bacalan (zone d’activités Achard), titré en 2007 à tout juste 30 ans, ce jeune artisan rêvait depuis toujours de la distinction. Un label unique gage d’ « excellence ». Il l’a remporté après un BEP, 10 ans de cours du soir au sein de la Société philomathique de Bordeaux et en réalisant un habillage de cheminée en bois « assez évolué » : 3000 heures de travail échelonnées sur un an et demie.

« Le titre a tout changé : j’ai créé mon entreprise et tout de suite touché une clientèle haut de gamme, aisée, en demande de projets techniques très intéressants. Par exemple, j’ai réalisé récemment un escalier monumental, mais aussi les portes du Château Pape Clément et de très belles portes dans le quartier historique de Bordeaux. Aujourd’hui, mon carnet de commande est plein, et je refuse de la clientèle. Le titre ouvre des portes, permet d’obtenir de l’aide plus facilement, par exemple pour avoir un local de travail. Mais le titre n’est qu’un début : je rêvais de réaliser de beaux ouvrages ; désormais, je me remets en question tout le temps et je continuerai d’apprendre mon métier toute ma vie. »

 

Le Congrès national des meilleurs ouvriers de France se déroule du 27 au 29 juin au Palais de la Bourse

Cette année, les évaluations nationales du concours Un des Meilleurs apprentis de France étaient organisées à Bordeaux (Hangar 14) en marge du congrès national de la Société nationale des meilleurs ouvriers de France. Elles permettent de distinguer des apprentis de moins de 21 ans dans 57 disciplines différentes, parmi 540 candidats ayant franchi les étapes des sélections départementales et régionales. Ils étaient 5000 inscrits au départ.

Les œuvres des candidats sont exposées au public les 27, 28 et 29 juin au Hangar 14. Accès libre et gratuit.

La bonne santé du commerce bordelais

Projets de centres commerciaux, promotion du petit commerce et attractivité du centre-ville de Bordeaux : dans son édition datée de mai 2014, le magazine Table et Cadeau consacre 4 pages à la dynamique commerciale de notre ville et donne la parole à Jean-Charles Bron, ancien adjoint au maire en charge du commerce et de l’artisanat.

« Bordeaux un hypercentre dynamique » 
Ce « magazine de référence pour l’ensemble des professionnels du marché de l’art de la table, du culinaire, du cadeau, de la décoration et leurs environnements », dresse un portrait plutôt flatteur de l’activité commerciale et artisanale de notre ville : projets de deux nouveaux centres commerciaux (Berges du Lac et Promenade Sainte-Catherine), action de l’association La Ronde des quartiers de Bordeaux au profit des commerces de proximité, bonne santé des magasins haut de gamme, opérations séductions des grandes enseignes commerciales… Le magazine souligne que « Bordeaux compte près de 6 000 commerçants et artisans – premier secteur d’emploi de la ville –, dont près de 1 300 en centre-ville. (…) Le centre-ville a bénéficié d’une rénovation urbaine (voies piétonnes, Tram…) alliée à une redynamisation du commerce ».

« Prix Procos du Meilleur circuit marchand de centre-ville »
Interviewé par Peggy Cardin-Changizi, l’ancien adjoint au maire désormais à la retraite, Jean-Charles Bron (commerce et artisanat), évoque les nombreuses actions soutenues par la Ville et menées en partenariat avec La Ronde des Quartiers de Bordeaux : « (…) Des animations (Les Epicuriales, Vos commerçants fêtent le printemps, le Bon Goût d’Aquitaine…), des outils de promotion (site Internet, réseaux sociaux, charte écocommerçants…) et l’organisation de conférences et des formations ». Interrogé sur les moyens mis en œuvre pour maintenir l’attractivité du centre-ville, l’ancien élu rappelle que « depuis juillet 2008, la ville a mis en place un droit de préemption sur les fonds de commerce, fonds artisanaux et baux commerciaux. Un dispositif destiné au maintien de la diversité des activités commerciales et artisanales ».

« La ville a remporté en janvier le prix Procos du Meilleur circuit marchand de centre-ville, dans la catégorie “Villes de plus de 200 000 habitants”, devant Lyon et Toulouse » rappelle aussi Jean-Charles Bron. « Ce prix était décerné pour la première fois. Il repose sur le CA moyen des magasins des artères principales (Ndlr : de 45 % supérieur au CA moyen des chaînes), le taux de présence d’enseignes nationales, le taux de vacance de pieds d’immeubles et d’autres critères (marchandisage, accessibilité, parkings…). ».

Il conclue l’entretien en confirmant l’arrivée de « Lego, Hollister, Swarovski et Monop’ » dans l’îlot Promenade Sainte-Catherine, et évoque le futur quartier des Bassins à flot, qui sera notamment « composé de 25 000 m² de commerces et de la future Cité des Civilisations du Vin. »

Entrepreneuriat : les étoiles du commerce et de l’artisanat de Bordeaux

A Bordeaux, le commerce de proximité affiche un véritable dynamisme et cela ne se sait pas assez ! Ce constat, c’est celui que dressait l’an dernier la Ronde des Quartiers, l’association des commerçants de la ville. Pour remédier à cet état de fait, elle a donc décidé, en collaboration avec la Caisse d’épargne Aquitaine Poitou-Charente, son principal partenaire financier, de lancer en septembre 2012 un concours destiné à récompenser les entreprises les plus dynamiques de la capitale girondine.

Baptisé «les étoiles du commerce et de l’artisanat de Bordeaux», ce challenge a connu un franc succès, selon la Ronde des Quartiers, en recueillant près d’une centaine de dossiers de candidature sur le millier d’adhérents qu’elle compte. Fin novembre, dans le cadre majestueux du hall de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), place de la Bourse, une soirée de gala a permis de récompenser les lauréats des quatre catégories en lice. « L’idée, c’est de mettre en avant le formidable travail de fourmi que réalisent au quotidien les commerçants et artisans, explique Eric Malezieux, le directeur de la Ronde des Quartiers. La plupart des gens ne voient que les grandes enseignes et ne réalisent peut-être pas le temps que les commerçants et artisans consacrent à leur activité, la passion avec laquelle ils font leur travail. Sans oublier que dans la période de crise actuelle, beaucoup d’entre eux investissent, créent de l’emploi. C’est bien de le souligner. »

Quatre prix attribués

Fort du succès de cette première édition, la Ronde des Quartiers et la Caisse d’épargne ont donc décidé de renouveler l’expérience cette année, avec l’objectif d’en faire un rendez-vous récurrent. Depuis la semaine dernière et jusqu’au 30 septembre, les commerçants et artisans de la ville sont invités à déposer leurs dossiers de candidature. Le choix des lauréats sera effectué par un jury de professionnel mais aussi par le public, invité à voter sur le site internet du concours, du 4 au 21 octobre…

Dossiers de candidature

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Bordeaux : la deuxième vie du cèdre du Liban par Michel Saphores

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Abattu en décembre dernier, le cèdre du Liban du Jardin public renaît à travers les couteaux bordelais réalisés par Michel Saphores.

C’était une idée fixe : celle de réaliser un couteau dans le bois d’un arbre bordelais. Une première tentative avortée avec le gigantesque marronnier de la place Gambetta, vaincu par la maladie en novembre dernier, n’aura pas fait renoncer le coutelier Michel Saphores à son intention.

« Quelques semaines après, j’ai lu dans le journal que le cèdre du Liban du Jardin public avait été abattu. J’ai pris contact avec les services municipaux pour récupérer un peu de bois afin de réaliser les manches d’un couteau. J’avais déjà créé un couteau bordelais, mais jamais jusque-là avec une matière première provenant directement d’un des arbres de cette ville. L’opportunité était trop belle pour passer à côté. »

Aujourd’hui, voici donc le dernier né de la coutellerie. Il aura fallu six mois à Michel Saphores pour réaliser son couteau. Six mois durant lesquels la branche du cèdre a été débitée en plaquettes de 13 centimètres sur 3 tandis que les lames étaient forgées dans les ateliers de Thiers.

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Crédit Photo Stephane Lartigue