Bordeaux : Mollat a réussi son virage numérique

Classée première librairie indépendante française, Mollat, sans y perdre son âme, a réussi son virage numérique. Interview de son patron, Denis Mollat, par le journal Sud Ouest.

Denis Mollat, patron placide, en apparence, de la librairie éponyme admet derrière ses lunettes à la André Gide, qu’il « s’amuse bien ». « Qu’il n’a jamais cédé à la déprime. » Tout en restant pragmatique serait-on tenté d’ajouter, car rappelle-t-il : « La librairie c’est d’abord un commerce ».

Classée première librairie indépendante de France par le dernier sondage de Livres Hebdo, la librairie Mollat traverse les crises et devance les évolutions sociétales sans état d’âme. Petit état des lieux.

« Sud Ouest » : Votre voisin Virgin a fermé ses portes au printemps dernier. Mauvais présage pour vous ?

Denis Mollat : Cette fermeture a été surprenante dans sa rapidité. Virgin s’est installé place Gambetta en 90. On nous a dit alors que nous étions dépassés, parce que les choses allaient être différentes. Virgin était assis sur l’image de la musique, or très vite, le magasin a souffert de l’arrivée du numérique…

Des gens de chez Mollat ont tenté leur chance chez Virgin, j’ai respecté ce choix. Ils pensaient notre commerce vieux. Quelle leçon en tirer ? Dans ce climat concurrentiel, je suis resté optimiste, j’ai entamé des travaux titanesques afin de relier les magasins entre eux, pour créer les 2 700 mètres carrés de surface commerciale. Nous étions à 900 mètres carrés en 90. Nous nous sommes appuyés sur nos convictions : l’accueil du client, le service. Les 55 libraires sont là pour guider et conseiller. Ils connaissent les auteurs, les éditeurs et les livres.

À votre avis, c’est la qualité du service qui a fait la différence ?

Pas seulement. Mais dès la fermeture de Virgin, nous avons vu débarquer chez nous une nouvelle clientèle. Des gens qui n’étaient plus habitués à demander conseil et se débrouillaient seuls. Ils ont réappris très vite. Et reviennent.

Face à la déferlante du numérique le livre papier a pris une claque. Comment gérez-vous cette mutation ?

Sans stress. On a aujourd’hui recours à tous les moyens de communication existants. On est présents sur Facebook, Tumblr, Google +, Twitter. Notre site mollat. com fonctionne de façon interactive. Nous accueillons en moyenne 220 auteurs en conférence et signature chaque année, tout est filmé, enregistré et visionnable sur le site en mode podcast.

Nous comptabilisons à ce jour plus d’un million de visionnages. Et bien entendu, nous nous inscrivons dans la vente de fichiers numériques pour liseuses (Ipad…). Nous avons en magasin 170 000 références d’ouvrages à télécharger. On veut être là, même si pour l’instant, le phénomène reste à la marge, la littérature virtuelle va forcément gagner du terrain.

En France, on est à 0,6 % du chiffre d’affaires des ventes de livres, en Angleterre, 10 %, et aux États-Unis, 18 %. Ce marché existe, il ne faut pas passer à côté…

Lire la suite de l’article d’Isabelle Castéra sur sudouest.fr

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