« News Republic veut occuper une place de leader mondial » Jérome Le Feuvre, directeur général

Entreprise phare de l’économie numérique bordelaise, News Republic se distingue par la croissance fulgurante de son chiffre d’affaires : +1529% en 5 ans. Créée il y a 6 ans, la startup propose une application mobile d’agrégation d’actualités et compte 12 millions d’utilisateurs. Entretien avec Jérome Le Feuvre, directeur général.

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Jérome Le Feuvre, directeur général News Republic

Vous avez reçu récemment le 2e prix du « Deloitte In Extenso Technology Fast 50 Sud ouest », remis aux 3 entreprises technologiques ayant la plus forte croissance de chiffre d’affaires sur les 5 derniers exercices.

Quels sont les leviers de votre « hyper-croissance » ?

Cet indicateur de croissance du chiffre d’affaires témoigne de notre stratégie de développement axée avant tout sur les nouveaux usages et l’international. Pour conserver une position de leader sur nos marchés, nous mobilisons l’essentiel de nos investissements sur de nouvelles implantations et du recrutement de compétences : nous recruterons encore 25 personnes en 2015 et seront présents en Inde et au Brésil, après la Russie et le Canada fin 2014. Il y a une croissance naturelle de nos marchés liée au changement des usages sur les mobiles, en particulier les smartphones. Nous étoffons aussi l’offre en contenus disponibles sur notre application. Enfin, l’accord signé avec le constructeur HTC constitue un accélérateur de croissance puisqu’il intègre notre solution dans l’ensemble de ses téléphones.

Une telle croissance de chiffre d’affaires peut-elle constituer un risque pour l’entreprise ?

Comme beaucoup de startups, le développement de la société News Republic est soutenu par plusieurs fonds d’investissement dont Intel Capital, auprès desquels nous avons levé 4 millions d’euros à l‘automne 2013. Nous sommes en phase de construction d’un marché et d’un modèle économique en lien avec nos partenaires médias. Nos revenus proviennent des recettes publicitaires et des royalties de partenaires. Nous sommes convaincus d’assister à un mouvement de fond sur la consommation de l’information et que l’enjeu est de prendre une place au niveau mondial, d’asseoir notre marque et d’être reconnu par les utilisateurs. Donc, nous nous développons à l’international, nous cherchons des relais de croissance et continuons de grandir : c’est le destin de toute entreprise et le risque 0 n’existe pas.

Le Prix Fast50 est un signal fort et positif adressé aux investisseurs : envisagez-vous une nouvelle levée de fonds ?

En effet, nous repartons en levée de fonds auprès d’investisseurs internationaux afin de poursuivre notre développement dans le monde et la construction de notre marque. Nous sommes par ailleurs lauréats du Pass French Tech qui nous a permis d’obtenir des aides de BPI France et de la Région Aquitaine pour de la Recherche et Développement sur notre moteur de recommandation sémantique : nous souhaitons proposer un service toujours plus personnalisé à nos millions d’utilisateurs.

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L’équipe News Republic

News Republic en chiffres

  • Plus de 1 000 partenaires de contenus sous licence : agences de presse (Reuters, AFP, AP, Bloomberg, Al Jazhira, etc.), groupes médias, sites internet d’information.
  • Permet la lecture de près de 50 000 articles par jour dans l’ensemble des langues couvertes
  • Plus de 600 millions d’articles sont lus par les utilisateurs chaque mois, soit 200 chaque seconde.
  • Plus de 12 millions de personnes à travers le monde consultent l’application

31 salariés, dont une vingtaine à Bordeaux, 4 à San Francisco (Californie), 3 à Londres, Berlin et Madrid, et 2 en Chine.

L’informatique et le numérique, en tête des secteurs les plus pourvoyeurs d’emplois à Bordeaux

C’est ce que nous révèle le « Palmarès des entreprises qui recrutent à Bordeaux et dans sa métropole » dévoilé par La Tribune / Objectif Aquitaine ce soir. Une étude réalisée en association avec la mairie de Bordeaux et la Maison de l’emploi de Bordeaux.

300 emplois. C’est le nombre de recrutements prévus en 2015 par les trois entreprises arrivées en tête du premier « Palmarès des entreprises qui recrutent à Bordeaux » : Armatis-LC, CGI France et Sogeti France. Comptabilisant déjà plus de 2000 salariés sur la métropole bordelaise, ces entreprises poids lourds dans leur secteur ouvrent ainsi des perspectives très favorables dans un contexte plutôt morose sur le front de l’emploi.

Palmares entreprises qui recrutentArmatis-LC est le leader français sur le marché des centres d’appels ; CGI est la cinquième entreprise mondiale de services numériques (ESN) ; Sogeti est spécialisée dans les services technologiques et le test logiciel, dans la gestion des applicatifs, des infrastructures et des services en ingénierie.

Leurs intentions de recrutement à Bordeaux se porteront sur des fonctions de R&D en informatique (conseil, architecture de systèmes d’information, informatique pure et dure) et de relation client. Mais c’est le poste de commercial qui reste le plus recherché parmi l’ensemble des entreprises consultées.

3.500 entreprises sollicitées

La Tribune – Objectif Aquitaine s’est associé avec la mairie de Bordeaux et la Maison de l’emploi de Bordeaux / Emploi-Bordeaux, en partenariat avec Pôle Emploi, pour lancer cette première édition du « Palmarès des entreprises qui recrutent ». Pour établir ce classement, près de 3.500 entreprises ont été sollicitées, tous secteurs confondus.

L’étude confirme une tendance déjà constatée sur la métropole et qui a valu à cette dernière d’obtenir récemment le label national French Tech : l’informatique et le numérique se distinguent comme les deux secteurs les plus pourvoyeurs d’emplois. La filière numérique enregistre une croissance annuelle de 14% sur la métropole. Plus de 300 entreprises y exercent exclusivement dans ce secteur et 500 de plus en font un des piliers de leur activité.

Les intentions de recrutements étant essentiellement (à 66 %) basées sur la croissance ou l’anticipation d’une croissance de l’activité, plusieurs startups apparaissent dans le Palmarès telles Argolight, Avenuenautique.com, Azendoo, Jestocke.com et Jelouemoncampingcar.com installées dans les locaux de la future Cité Numérique, à Bègles.

Autre révélation notable de l’étude, les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises sembleraient plutôt liées à une inadéquation entre les profils sur le marché de l’emploi et leurs postes à pourvoir.

« Retrouvez le « Palmarès 2015 des entreprises qui recrutent à Bordeaux et dans sa métropole » dans le Guide des entreprises 2015 édité par Objectif Aquitaine (kiosque) ».

Colas Michard : « J’hérite d’un poste, pas d’une entreprise »

A 33 ans, Colas Michard s’apprête à reprendre les rênes de l’entreprise familiale Michard-Ardillier, un commerce de chaussures haut de gamme créé en 1978 dans le centre ville de Bordeaux. Une transmission d’activité en forme de défi pour cet ex-designer graphique.

Colas Michard - Crédit DR

Colas Michard – Crédit DR

Chez les Michard, on vend des chaussures depuis 1890 et cinq générations.

Une dynastie de chausseurs implantée sur les marchés, d’abord, puis en boutique : la première ouvre à Périgueux en 1920, suivie par une huitaine d’autres dans toute la région. Celle de Bordeaux, située rue Sainte-Catherine près de l’Opéra, fait florès depuis 1978 en misant sur la chaussure haut de gamme homme-femme-enfant. Elle compte 25 salariés, commercialise 40 000 paires de chaussures par an et a enregistré en 2013 un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

La « petite affaire » familiale, devenue un pilier du commerce indépendant bordelais, a remporté récemment le trophée des Etoiles du commerce décerné par l’association La Ronde des Quartiers.

Colas Michard, 33 ans, le fils aîné des fondateurs, y creuse son sillon depuis 8 ans et se prépare à racheter l’entreprise parentale.« On hérite peut-être d’un savoir-faire ou d’un poste, mais pas d’une entreprise : j’ai dû murir, me former à la gestion, intégrer le conseil d’administration, comprendre les bilans… Aujourd’hui, je m’apprête à prendre un emprunt sur plusieurs décennies pour devenir actionnaire majoritaire. Et je ne peux pas me planter : il va falloir faire mieux que mes parents », lance-t-il dans un sourire.

« J’ai eu le déclic »

Formé à Bordeaux à la communication visuelle, l’ex-grapheur de talent s’est longtemps imaginé ailleurs qu’aux manettes d’un commerce de chaussures. « Je suis entré dans le jeu par le biais de la communication digitale, puis j’ai participé aux achats : créer une collection cohérente de 80 marques de chaussures en pensant à sa clientèle, c’est passionnant car très créatif. J’ai eu le déclic », se souvient Colas.

Aujourd’hui très à l’aise dans son costume de chef d’entreprise, il parle « stratégie d’investissement », « process de travail », « agencement des produits » et « marketing digital ». Se désole d’une saison hivernale en demi-teinte. Consacre 50 heures par semaine au magasin et « y pense tout le temps » lorsqu’il en sort.

« J’ai appris à bien connaître les produits et leur fabrication, les fournisseurs, les attentes des clients. Il y a un aspect technique inhérent au commerce de chaussure qui ne s’invente pas : pour pérenniser l’activité du magasin, il fallait que la reprise s’effectue en interne. Pour mes parents qui ont eu beaucoup de propositions d’achat du commerce, la transmission à un enfant n’était pas acquise d’avance : il a fallu que je m’investisse », confie le dirigeant.

Colas Michard mûrit ses projets : agrandir la boutique, faire évoluer son site internet. Il a embarqué sa compagne dans l’aventure et dit avoir « les pieds accrochés pour 30 ans à la rue Sainte-Catherine ». La boutique Michard-Ardiller vit un tournant, mais sans bouleversement.« Cette Etoile du commerce décernée par la Ronde des quartiers me met en valeur, elle me légitime. Ca marque un passage de relai », souligne le jeune commerçant avec gratitude.