« Après la liquidation de mon entreprise, j’ai cru que je n’avais plus de valeur ». Didier Duloube, entrepreneur bordelais

Créée à Bordeaux en 2012, l’association 60 000 Rebonds est aujourd’hui présente dans 10 villes françaises et accompagne 150 entrepreneurs fragilisés par une faillite. Parmi eux, le bordelais Didier Duloube. Il se lance dans l’épicerie-fromagerie après avoir dirigé une entreprise de 18 salariés dans la construction bois. Témoignage d’un revenant de la liquidation judiciaire.

Forum

« Chaque année, 60 000 entrepreneurs déposent le bilan. Nous faisons face à un enjeu de société : comment travailler l’échec pour qu’il ne soit plus perçu comme tel mais comme une courbe d’apprentissage ». Philippe Rambaud, président de l’association 60 000 Rebonds, a ouvert en ces termes le premier Forum national du Rebond organisé à Bordeaux le jeudi 13 novembre, en partenariat avec la Ville.

Une soirée qui a réuni plus de 400 personnes dans les locaux de l’Inseec : chefs d’entreprises, étudiants, bénévoles de l’association (ils sont 400 au total), entrepreneurs accompagnés, etc.

En tribune, le discret Didier Duloube a livré son témoignage d’entrepreneur en rebond, passé en quelques mois de la liquidation d’une entreprise de 18 salariés à la gestion d’une épicerie-fromagerie-primeur implantée 42 rue Costedoat (Racines l’épicerie), dans le centre-ville de Bordeaux. Il a été accompagné dans ce parcours par un parrain de l’association 60 000 Rebonds.

Didier Duloube

Comment avez-vous vécu la fin de vie de votre précédente entreprise ?
Je suis d’un naturel optimiste et suis très soutenu par ma famille, c’est ce qui m’a sauvé psychologiquement. Beaucoup d’entrepreneurs en échec traversent une période de deuil, de solitude et de dévalorisation. Je dirigeais une entreprise de la construction bois que j’ai liquidée en juillet 2013 faute de relais financiers pour croître. Elle avait connu une croissance très rapide avec l’entrée au capital d’un fonds d’investissement. Mais le carnet de commande ne se remplissait pas au rythme attendu et un deuxième tour de table n’a pas été possible. J’ai licencié 18 salariés après six années d’activités. J’ai tiré le meilleur de cette expérience. J’ai pensé un temps redevenir salarié mais ce n’est pas possible : je suis un entrepreneur dans l’âme ! J’ai donc rapidement imaginé un nouveau projet avec mon épouse mais, après l’échec de ma première entreprise, j’ai senti que ce serait très difficile. Je n’avais plus de valeur.

Plus de valeur aux yeux de qui ?
A Pôle emploi, d’abord, où l’on ne peut pas bénéficier d’allocations et où n’entre pas dans les cases : un entrepreneur en liquidation qui souhaite recréer une société doit se battre pour bénéficier des aides à la création d’entreprise ! Auprès des recruteurs, ensuite : on est perçu comme un perdant qui, forcément, prétend à des postes de direction. Auprès des banquiers, enfin, qui n’hésitent même pas : ils ne vous prêtent rien. C’est ce dernier point qui m’a convaincu de contacter l’association 60 000 Rebonds.

Comment l’association vous a-t-elle aidé ?
Sans l’association, je ne sais pas où j’en serais. Elle m’a mis en contact avec son partenaire le Crédit Agricole, qui m’a accordé un prêt. Cela m’a permis d’acheter mon local commercial, notamment. Un bénévole de l’association m’a accompagné pendant six mois dans toutes les étapes de reprise de ma nouvelle société, sur des problématiques très concrètes. Ce sont des échanges permanents, des conseils et un regard extérieur. Le principe de l’association est de ne jamais laissé l’entrepreneur livré à lui-même, car le sentiment de solitude est le premier sentiment d’un entrepreneur en situation d’échec.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui, huit mois après la reprise de votre nouvelle société ? 
Je me sens bien, j’ai retrouvé une autonomie financière personnelle et pour mon entreprise. Je suis bien accompagné par ma banque. Je ne porte plus avec moi ce boulet de la liquidation de ma précédente activité.

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